Pommes de terre : fractionner l’apport d’engrais azoté en deux fois

Pommes de terre : fractionner l’apport d’engrais azoté en deux fois

Pommes de terre et azote : et si diviser l’apport en deux passages changeait tout pour vos rendements et votre bilan carbone ? Un nouveau modèle développé par Arvalis propose de piloter la fertilisation azotée grâce à des images multispectrales. Voici ce que cela implique pour vous, simplement et concrètement.

Sur quoi repose le modèle Ferti‑Adapt pomme de terre ?

Le modèle s’appuie sur des images prises depuis des satellites ou des drones. Ces images multispectrales donnent un diagnostic de l’état de nutrition azotée entre 25 et 40 jours après la levée, selon l’année.

Trois indicateurs sont analysés : la teneur en chlorophylle, le taux de couverture du sol et la densité du feuillage. Ces mesures permettent d’évaluer la capacité de la culture à valoriser l’azote déjà apporté.

Le principe reprend l’approche du système Ferti‑Adapt CHN développé pour le blé en 2025. Ici, l’objectif est d’adapter la dose complémentaire après une première mise en réserve.

Quelle stratégie d’apport est proposée ?

Le modèle propose de fractionner la dose totale prévue en deux apports. Une réserve initiale de 40 kg N/ha est placée au départ, quelle que soit la dose calculée par la méthode bilan du Comifer.

Ensuite, le modèle évalue, selon les images et les conditions climatiques, s’il faut apporter un complément. Ce complément peut être nul ou atteindre entre 40 et 80 kg N/ha en cas de faible valorisation initiale ou d’incertitude.

Pourquoi fractionner l’apport ?

La pomme de terre augmente fortement ses besoins en azote pendant la montée en végétation, surtout au mois de juin. Si un seul apport est réalisé à la plantation en avril, la plante peut manquer au moment critique.

En fractionnant, vous suivez la demande réelle de la culture. Vous évitez un excès d’azote inutile et vous répondez rapidement à un besoin réel.

Quelles contraintes pour le producteur ?

Le principal frein reste l’organisation. Traditionnellement, les producteurs effectuent un seul apport au semis. Un second passage en juin tombe souvent en pleine période de traitements contre le mildiou.

La fenêtre d’intervention pour le second apport est courte : 15 à 20 jours selon la variété et la dynamique de développement. Il faut donc coordonner les traitements et la fertilisation sans surcharger les passages de matériel.

Résultats des essais et bénéfices observés

Le modèle est testé sur un réseau d’une trentaine de parcelles chez des agriculteurs, en partenariat avec des coopératives et des industriels. Il a été intégré à l’outil Farmstar pour faciliter le pilotage.

En 2024 et 2025, les premiers retours sont positifs : aucune baisse de rendement constatée. De plus, sur 60 % des parcelles suivies, la réserve de 40 kg N/ha n’a pas été nécessaire et a donc été économisée.

Impacts environnementaux et économiques

Réduire les apports inutiles d’azote limite les émissions de gaz à effet de serre et améliore le bilan environnemental des exploitations. C’est un atout si vous visez des démarches labellisées ou des cahiers des charges plus rémunérateurs.

Sur le plan économique, économiser jusqu’à 40 kg N/ha représente une baisse de coût directe. Mais il s’agit aussi d’éviter des sur-engrais qui ne sont pas valorisés par la plante.

Quelles perspectives et disponibilité ?

Les essais se poursuivent pour affiner les stratégies et confirmer la robustesse du modèle. Si tout se déroule comme prévu, l’outil pourrait être proposé à grande échelle en 2027.

Intégré dans Farmstar, il vise à être facilement utilisable par les conseillers et les exploitants. L’accent est mis sur la simplicité du diagnostic et sur des recommandations opérationnelles.

Que pouvez‑vous en retenir ?

  • Fractionner l’apport permet d’ajuster l’azote à la demande réelle de la culture.
  • La mise en réserve de 40 kg N/ha sert de filet de sécurité.
  • Le complément, calculé à partir d’images multispectrales, peut aller de 0 à 80 kg N/ha.
  • Les premiers essais montrent aucun impact négatif sur le rendement et des économies significatives.
  • Le principal obstacle reste l’organisation des chantiers au moment des traitements fongicides.

Vous souhaitez en savoir plus ou tester la méthode sur vos parcelles ? Renseignez‑vous auprès de votre conseiller ou de votre coopérative. Ce changement peut sembler mineur, mais il peut améliorer vos marges et votre bilan environnemental.

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Auteur/autrice

  • Je suis cuisinière et chroniqueuse culinaire spécialisée en gastronomie durable et cuisine de saison. Formée à l’Institut Paul Bocuse et ancienne cheffe de partie dans un bistrot locavore lyonnais récompensé par le guide Michelin, j’ai développé une expertise des produits frais et du potager urbain. Passionnée par le lien entre assiette, jardin et maison, je conçois des recettes accessibles et des conseils pratiques pour organiser sa cuisine, entretenir ses aromatiques et mieux gérer les ressources au quotidien. Sur Biopaline, je partage mon expérience de terrain pour aider chacun à cuisiner bon, beau et responsable.

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